| Les délibération discutées lors d'un conseil municipal permettent aux différents groupes de s'exprimer sur des questions importantes pour les nazairiens Au cours du conseil du 25 septembre a été présentée une délibération sur l"approvisionnement des cantines. Elle a donné lieu à des échanges sur la place du bio dans l'alimentation. Voici les textes des prises de position. une délibération sur l'approvisionnemlent des cantines scolaires La délibération n 24 porte sur la fourniture de denrées alimentaires. C'est un marché à bons de commande et je vais donc laisser Michel RAY vous présenter cette délibération. M. RAY Concernant la délibération n0 24, il nous est demandé d'autoriser la maire-adjointe compétente à passer trois marchés à bons de commande concernant l'approvisionnement en denrées alimentaires. Je saisis cette occasion pour faire un bref rappel de tout le travail qui a été fait par le Service Restauration Municipale ces dernières années, notamment un travail autour de l'éducation alimentaire. A ce sujet, je voudrais tout d'abord rappeler une délibération importante en la matière qui date d'octobre 2005 et qui précise l'engagement de la Ville en matière d'achats éco-responsables, c'est-à-dire l'engagement de la Ville à privilégier ou à donner la priorité à tout fournisseur qui proposerait des prestations respectueuse de l'environnement et, bien évidemment, respectueuse des droits sociaux. Je vous rappelle également qu'il y a tout un travail au niveau de l!insertion de produits éco-responsables dans les menus proposés aux enfants, mais également au niveau de collations qui peuvent être proposées dans le cadre des réceptions publiques. Je voudrais enfin rappeler qu'il existe l'insertion d'une clause dans les marchés publics alimentaires précisant aux candidats la possibilité de proposer une variante en matière d'agriculture biologique, de produits issus de l'agriculture raisonnée ou encore issus du commerce équitable. Cette délibération porte sur trois lots (le lait UHT, les conserves, les produits d'épicerie), en fixe les montants minimum et maximum, la durée (un an renouvelable deux fois) Il vous est demandé d'autoriser la maire-adjointe a signer ces marchés a bons de commande conformément aux articles du Code des Marchés Publics qui garantit notamment la neutralité au niveau de l'approvisionnement. M.GROVALET : Une suggestion sur la délibération n0 24. Je souscris évidemment à la proposition de notre collègue Michel RAY d'inscrire l'agriculture biologique parmi les priorités7 mais encore faut-il qu'elle réponde à un certain nombre de normes, notamment de proximité et de circuits courts. Si je dis cela, c'est parce que je m'adresse aussi au Vice-Président de la Région en charge de l'agriculture, comme moi je le suis au Département. Nous soutenons évidemment l'agriculture biologique et nos collectivités l'encouragent, mais nous soutenons aussi la distribution en circuits courts. Pour éviter les effets un peu mode, il est souhaitable de consolider les circuits de distribution et donc d'assurer une commande permanente. Sur une filière précise qui est la filière laitière, il y a dans ce département le Groupement des Agriculteurs Biologiques qui est en train d'organiser et de mettre en place des circuits courts de distribution (au sein de ce groupement d'agriculteurs, il y a un Nazairien, un Saint-Marcois bien connu) . Alors, c'est compliqué, notamment en matière d'appels d'offres. J'avais organisé, ici, en son temps, avec l'ancien Président de la Chambre d'Agriculture! une réunion avec nos services pour essayer de débroussailler un peu l'ensemble des procédures administratives, juridiques, économiques, financières liées notamment aux appels d'offres! afin de favoriser ces circuits courts. D'ailleurs, les agriculteurs s inspirent aujourd'hui de cette rencontre pour essayer de débloquer un certain nombre d'éléments dans ce dossier. Je pense donc qu'il faut aller encore plus loin parce qu'il existe aujourd'hui des grands circuits de distribution internationaux, y compris en matière d'agriculture biologique, mais qui ne respectent pas précisément ce que nous concevons comme développement durable. Donc, encore un effort, Chers Collègues Mme. AMELOT : Je voulais m'exprimer aussi sur cette délibération n 24. Je suis contente d'entendre ce que vient de dire M. GROVALET parce que, nous, à Label Gauche, nous sommes vraiment sidérés par le fait qu'on ne propose que si peu d'aliments biologiques dans les cantines. Vous savez que le repas principal, le seul repas correct pour beaucoup d'enfants Nazairiens, c'est le repas de midi. Donc, il serait important de leur offrir une nourriture correcte, biologique, effectivement avec des circuits courts. Je trouve qu'on met beaucoup de temps à arriver à du biolôgique. Moi, je viens d'une commune qui s' appelle Mûrs-Erigné, qui est dix fois moins importante que Saint-Nazaire, où l'alimentation biologique a été mise en place par un maire que vous connaissez certainement pour certains d'entre vous puisqu'il est Nazairien. Je ne comprends pas pourquoi, ici, àSaint-Nazaire, on met autant de temps à donner de l'alimentation biologique aux enfants. Est-ce qu'on va mettre autant de temps à se mettre au biologique qu'à faire du tri sélectif ? J'y ajoute une autre question. Vous avez parlé d1achats écoresponsables depuis octobre 2005. Je voudrais savoir quel pourcentage on a d'achats éco-responsables ? M. le Maire : Ecoutez, Mme AMELOT, vous êtes au bord d'un procès quasi-moral. La gestion d'un ensemble de cantines scolaires comme celui de Saint-Nazaire n' est pas de même nature que celui d'une commune comme Môrs-Erigné, même Si je sais l'attachement récent7 peut-être même provisoire, de son maire à l'écologie, parce que je le connais très bien, lui (je l'ai vu passer par beaucoup de phases de réflexion> . Ensuite, je voudrais vous dire que j'ai le sentiment que par rapport âce que les familles servent de bio en moyenne à leurs enfants quand ils déjeunent ou qu'ils dînent â la maison, la proportion de bio que nous offrons dans les cantines scolaires est sans doute au moins aussi importante. Madame AMELOT : Oui, mais raison de plus. M. le Maire D'accord, bien sûr. Mme AMELOT Raison de plus. Mr le Maire Je voudrais quand même préciser le nombre de repas servis chaque jour par le service de restauration scolaire environ 3 500. M. RICHARD : Il n'y a pas d'agriculteurs biologiques qui soient capables d'assurer les repas Mrne MAHE : Nous sommes adhérents d'une association, le Réseau Grand Ouest, qui ouvre un atelier sur l'insertion d'aliments bio dans la restauration scolaire. Ce n'est donc pas uniquement la Ville de Saint-Nazaire qui s'interroge. D'autre part, je voudrais quand même préciser que, depuis la rentrée scolaire, nous avons dans les plateaux-repas, une fois par mois, au moins un produit bio, et qu'à partir du mois de novembre nous passerons à un produit bio tous les quinze j ours M. RICHARD Bn tant que président de la Commission d'Appel d' d'Offres, il me paraît utile de préciser les choses. Comme on l'a dit, 3 500 repas sont servis par jour ; il n'y a pas beaucoup de produits pour lesquels les fournisseurs ont accepté de nous livrer tous les jours, ou de manière régulière, pour cette quantité-là. Alors, je crois que le procès d'intention que nous fait Mme AMELOT se situe plutôt àcôté de la plaque. La filière de circuits courts sur le lait, Si nous pouvons faire en sorte de la favoriser, il est évident que nous le ferons. M. SAULNIER : Sur le blo, ça m 'énerve, parce qu'on est aujourd'hui au coeur d'une crise alimentaire qui touche la planète et laisse près d1un milliard d'individus en mal de nourriture et qu'on vient nous présenter la solution du bio comme un remède à la situation actuelle. Effectivement, nous avons à travailler sur le bio pour permettre aux enfants nazairiens de manger mieux! de meilleure qualité, etc, etc, mais limiter le débat, comme on le fait aujourd'hui, à la question du bio, moi ça m irrite. Il y a des famines qui touchent des continents, qui aggravent des situations qu'on croyait déjà très graves, et je ne pense pas que la réponse au problème posé aujourd'hui en matière de nutrition mondiale passe par le bio, problème qui doit être traité beaucoup plus globalement. Il faut avoir une attaque beaucoup plus offensive sur les questions alimentaires. Prétendre aujourd'hui qu'on va nourrir les gens avec le bio, c'est les tromper. C'est aller dans une impasse. Il y a des Africains, des Asiatiques et même des Français qui ne mangent pas à leur faim. Aujourd'hui, prétendre qu'on va pouvoir se nourrir, ou mieux se nourrir, avec le bio, c'est tromper les gens. Le bio a toute sa place. Il doit être développé. On doit favoriser son émergence. On doit créer les conditions pour qu'il rentre partout et soit distribué partout. Mais n'oublions pas qu'un milliard d'individus n'ont pas accès à un minimum de nourriture. Ce sont là les questions qui sont posées aujourd'hui et ce sont les uestions sur lesquelles il faut répondre. Je fais mes courses à Géant Casino avec des gens de la Bouletterie. Je peux vous dire que les caddies se remplissent et, malheureusement, ne se remplissent pas de nourriture bio. On sait aujourd'hui que le premier chapitre sur lequel les familles font des économies, c'est le chapitre alimentaire. La question de fond est posée : comment faire pour que les gens puissent se nourrir dans les meilleures conditions en ayant effectivement accès à tous les produits ? Voilà les questions sur lesquelles je voulais intervenir Parler du bio aujourd'hui, dire que c' est la responsabilité de la Ville de Saint-Nazaire de faire en sorte que les enfants nazairiens fréquentant la cantine mangent bio, moi je dis que c'est tronquer le problème, c'est faire abstraction des conséquences que nous connaissons aujourd'hui, notamment des spéculations qui ont touché les aliments, et je ne veux pas revenir sur les conditions spéculatives qui aujourd'hui frappent la planète. M. le Maire : Merci. Je ne voudrais pas que notre débat devienne un débat digne de l'ONU. On n'est pas l'ONU. M.BRULAVOINE Je voudrais rappeler quand même qu'il y a un rapport de la FAO sur l'agriculture mondiale qui montre que l'on peut nourrir les habitants de la planète Terre avec une agriculture qui ne pollue pas les sols, qui n'entraîne pas des cancers chez ceux qui utilisent des produits comme les pesticides et autres, et ce n est pas exclusif, Christian. N'oublie pas que dans l'emblème du Parti Communiste il y avait la faucille ; c'est la paysannerie et il faut soutenir l'agriculture. La gauche ne s'en sortira pas Si elle oublie complètement le volet écologique et le développement d'une agriculture responsable qui ne pollue pas les sols et qui fournit la meilleure alimentation. M.le Maire : M. BRULAVOINE, ce qui ne peut pas ressortir d'ici, c'est qu'il y aurait ceux qui seraient pour une alimentation saine et des produits agricoles qui ne pollueraient rien, et ceux qui seraient pour. Non, pas du tout. C'est l'expression de Christian SAULNIER, que pour ma part j'apprécie beaucoup et que, je pense, beaucoup d'entre nous apprécient. Il ne s'agit pas de dire : il y a ceux qui sont pour le bio et ceux qui sont les anti-bio. Pas du tout. On fait la preuve, et nous la faisons, Philippe GROSVALET au Conseil Général... M. BRULAVOINE : (Inaudible>. M. le Maire > Comme moi à la Région, que nous aidons l'agriculture bio à se développer, à organiser ses circuits de distribution. Donc, n'essayez pas de vous présenter comme des donneurs de leçons sur ces sujets, je vous en prie. Mme MOUSSEAU : Je ne vais pas en rajouter beaucoup, mais je voudrais revenir au débat, parce que je crois qu'il y a deux niveaux de débat. On est parti du local, de la préoccupation de la restauration scolaire. Je ne peux pas vous laisser dire, Mme AMELOT que les repas, sous prétexte qu ils ne sont pas bio dans les restaurants scolaires, ne seraient pas des repas équilibrés (Répondant à Mme AMELOT) Non, on s'expliquera plus tard là-dessus. Je crois qu'il faut être clair. L'agriculture bio, c'est quelque chose sur lequel on peut revenir ; je crois que Christian Saulnier s' est laissé emporter. Moi, je voudrais dire que c'est vrai, qu'il ne faut pas être des Ayatollah, voilà. L'agriculture biologique aujourd'hui fait des premiers pas et on est très en retard en France, d'où la difficulté d'organiser des filières qui pourraient répondre. C'est ce qu'a très bien dit Olivier RICHARD. Mais ce qu'il faut dire, c' est que l'agriculture biologique est d'abord faite pour protéger les sols, l'environnement et la santé des consommateurs, mais aujourd'hui, ce à quoi on a àrépondre, c'est de fournir des repas équilibrés, de faire un travail éducatif sur l'alimentation, et les services s'attachent à le faire. Et je crois qu'on ne peut pas laisser supposer que, sous prétexte que ce n'est pas bio, les enfants mangeraient mal parce que ce serait, dites-vous, le seul repas de la journee. Moi, je pense qu'on peut affirmer aujourd'hui que les repas qui sont servis dans nos restaurants scolaires sont des repas équilibrés pour les enfants et des repas de qualité. Maintenant, restent tous les problèmes qu'on a àrégler pour avancer d'un pas ; on fait aujourd'hui des choses qu on ne faisait pas hier, et il faudra demain faire mieux qu'aujourd'hui, mais Il ne faut pasnier les problèmes. Quant au problème de l'alimentation sur la planète, je regrette de devoir dire, Christian, que c'est quand même l'industrialisation forcée de l'alimentation qui amène aujourd'hui à des aberrations M.le Maire : Bien sûr. |